

Comédie fantastique
française réalisée par Daniel Cohen
avec: Benoit Poelvoorde, Françoise Loiret, Augustin Legrand, Michel Duchaussoy, Natacha Lindinger, Daniel Cohen, Pascal Elso, Arly
Jover, Mathias Mlekuz, Zofia Moreno, Catherine Mouchet, Stefano Accorsi, Baptiste Jaubert et Nova Louana Castano.
Synopsis: Dans un monde parallèle, au village de Bégamini, une tribu opprimée fait des incantations au ciel afin qu'un
sauveur vienne les libérer du joug de Zotan, le tyran cannibale. A Paris, dans le monde normal... Rémy Bassano est un petit restaurateur d'oeuvres d'art timide, discret et sans histoires. Il est
marié à Lucile avec qui il a deux enfants. Un jour, Rémy retrouve son atelier innondé, il perd alors son travail et sa femme Lucile lui annonce brutalement qu'elle le quitte pour un autre. Il
court chercher du réconfort chez ses parents et alors qu'il est en train de servir le café à ses nombreux frères et soeurs, il est aspiré dans le sol, traverse le temps et se retrouve à Bégamini.
Là, dans leur étrange village, les Bégaminiens l'accueillent comme le libérateur qu'ils espèrent depuis toujours. A partir de ce moment là, Rémy se trouve embarqué dans une aventure
haletante...
Producteurs: Mathieu Kassovitz et Benoit Jaubert.
Scénaristes: Daniel Cohen et Jean-Marc Culiersi.
Dialoguiste: Daniel Cohen.
Equipe technique:
Directeur de la photographie: Laurent Dailland
Compositeur: Richard Harvey
Monteuse: Catherine Kelber-Michel
Chef décorateur: Dan Weil
Costumières: Chattoune et Fab
Maquilleuse: Nathalie Tissier
Superviseur des effets visuels: Olivier Cauwet
1er assistant réalisateur: Dominique Delany
Ingénieurs du son: Brigitte Taillandier, Jean Gargonne et Franco Piscopo
Directeur de production: Marc Olla
Photographe de plateau: Laurence Trémolet
Réalisateur du making of: Julien Lecat
Distribution: Gaumont
Durée : 1h45
Le film est sorti le 21 novembre 2007 dans les salles.
Pour incarner le héros de son prochain film, Daniel Cohen a entraîné Benoît Poelvoorde jusqu'en Afrique du Sud. L'Express a assisté sur place au tournage de
cette surprenante comédie. Pas toujours simple…
Selon des autochtones, c'est ici, dans les grottes de Sudwala, près de Nelspruit, en Afrique du Sud, que le monde fut créé. En six jours, donc. Le réalisateur Daniel Cohen, lui, en mettra dix
fois plus pour mener à bien ses Deux Mondes, comédie fantastique avec Benoît Poelvoorde dans la peau d'un type ordinaire qui glisse dans un univers parallèle, où il devient le sauveur
d'une tribu primitive.
Dans le cinéma français, on appelle cela un projet hors normes. Et cher: 18 millions d'euros. Mais Daniel Cohen est tenace et Benoît Poelvoorde est son ami. En Afrique du Sud depuis six semaines, l'équipe doit en passer encore une avant de rentrer à Paris. Observation de ces derniers jours qui ébranlèrent (un peu) Les Deux Mondes.
«9 000 bornes pour tourner dans une grotte!» La remarque faussement ironique est lancée à la cantonade. Benoît Poelvoorde vient d'arriver sur le plateau et le fait savoir. En costume, une cafetière à la main, il n'a pas l'air à sa place au milieu de ce site naturel exceptionnel - 30 kilomètres de galeries, dont la moitié inexplorées. Dans la scène précédente, son personnage se trouvait au milieu de sa cuisine, avant d'être aspiré vers cet ailleurs. Il erre donc ici pour la première fois, ignorant qu'il se trouve dans l'antre de Zoltan, géant (3,80 mètres) et cannibale, comme l'attestent les ossements humains épars. Plus tard, l'égaré - l'Elu, selon les Bégaméniens, un peuple opprimé - se battra contre le monstre. En attendant d'accomplir sa téméraire mission, notre improbable héros, ignoré en temps normal, abusera sans vergogne de son nouveau statut. «Passer de mec moyen à dieu vivant, ce n'est pas simple à gérer», s'excuse Benoît Poelvoorde.
Vendredi. Où, à la faveur d'une pause, on apprend comment fut monté le projet
Aujourd'hui, c'est congé. Tandis que l'équipe technique s'offre une virée au Kruger Park, Daniel Cohen et le producteur Benoît Jaubert travaillent à leur hôtel. Jaubert est débordé:
parallèlement aux Deux Mondes, il suit de près le tournage, à Prague, de Babylon Babies, de Mathieu Kassovitz, son associé au sein de MNP Entreprise. Ensemble, ils ont
immédiatement accepté, en 2004, de produire le film de Daniel Cohen. Mais un partenaire financier leur est indispensable. Qu'ils trouvent, un an plus tard, en la personne de Franck Chorot,
producteur chez Gaumont. Reste à caler le tournage en fonction du planning très serré de Poelvoorde, accaparé par Cowboy, de Benoît Mariage, puis par Astérix et Obélix aux Jeux
olympiques, de Frédéric Forestier et Thomas Langmann. Seule fenêtre de tir possible: entre janvier et mars 2007.
«Si on veut venir à bout d'un éléphant, il faut le manger petite cuillerée par petite cuillerée», métaphorise Daniel Cohen face à la charge de travail qui l'attend. Il va pourtant falloir qu'il le dévore à pleines dents: à la fin du mois, Poelvoorde ne sera plus disponible, déjà sur la préparation des Randonneurs 2, de Philippe Harel. Parfois, ça va bien, comme le choix des décors: «En Afrique du Sud, tous les paysages sont disponibles: lacs, forêts, déserts, montagnes, explique Cohen. On économise du temps, donc de l'argent.» Parfois, ça va moins bien… comme avec ces figurants exclusivement noirs envoyés par une société de production sud-africaine. «On leur a expliqué qu'on voulait un peuple bigarré, avec des vieux, des jeunes, des Noirs, des Blancs, etc.», reprend Cohen. Un choix plus coûteux pour le prestataire, obligé de payer tout le monde au «tarif blanc». Les réflexes afrikaners ont la peau dure.
Si elles font rire ses partenaires et les 35 techniciens français, les vannes de Benoît Poelvoorde laissent l'équipe sud-africaine de marbre. «Je ne parle pas anglais», se lamente l'acteur. Il s'écrie néanmoins: «Mayekeul Dukossoye», quand il aperçoit Michel Duchaussoy au maquillage en train de se faire poser une fausse barbe pour son rôle de fourbe. «Je ne vais tout de même pas passer le reste de ma vie à jouer des papys gâteaux», s'excuse presque Duchaussoy.
Pour la scène où il est conspué par une foule en révolte, Benoît Poelvoorde, toujours pas très shakespearien, préférera Daniel Cohen à un cascadeur anglais pour qu'on lui lance un œuf dessus. «J'avais peur que le Britannique ne comprenne pas ce qu'on lui demande», avoue l'acteur. Mais le réalisateur aura beau suivre les instructions - tremper au préalable le corps ovoïde dans du vinaigre, avant de le percer avec une aiguille afin qu'il éclate facilement - il touchera le coin de l'œil du Poelvoorde malchanceux.
Le metteur en scène se meurt. Allongé dans la grotte, il agonise dans un costume de Bégaménien. Avant d'être metteur en scène, Daniel Cohen était acteur. Aussi s'est-il octroyé un second rôle qui finit mal. En parfait accord avec l'ambiance du jour, qui, après six semaines planifiées aux normes anglo-saxonnes - douze heures de présence quotidienne et un jour de congé par semaine - n'est pas au beau fixe. La fatigue se fait ressentir. Il est temps de finir. Avant la séquence de la confrontation et sur les instructions, calmes mais immuables, de Cohen, Augustin Legrand s'y reprend à sept fois pour dire à Benoît Poelvoorde: «Alors, il paraît que c'est toi qui vas me tuer?»
Entre deux prises règne un silence religieux. Voire pesant. L'atmosphère se détend un peu quand Poelvoorde se dissimule dans une cavité. «Vous êtes sûrs
qu'il n'y a plus de chauve-souris?» s'inquiète-t-il. Plus qu'un plan. L'équipe part ensuite deux jours à Sun City, le Las Vegas sud-africain. Puis retour à Paris, pour quatre
semaines de tournage «normal». «Les horaires vont redevenir humains, avec le week-end pour se reposer», se régale Benoît Poelvoorde. Il y a bien les
raccords à réaliser vers Fontainebleau. Pas le bout du monde.
Ou l’inverse, plutôt. Pour des raisons de trucages optiques, une reproduction miniature de l’acteur servira lors de confrontations entre l’improbable héros des Deux mondes et le méchant Zoltan, haut de 3m 80. Il y a notamment cette scène où le personnage, blotti dans une cavité, est attrapé par la main du géant. A l’écran, le plan ne durera qu’une seconde. Préalablement, il aura bien entendu été travaillé à la palette graphique. Pour l’heure, la séquence n’a pas encore été tournée. Benoît Poelvoorde en profite pour dorlotter son double de chiffon.
Le mardi 6 mars vers 15h30, place de la République à Paris, une trentaine de personnes s'agitent pour tourner une scène de quelques minutes, qui figurera dans le prochain film de Daniel Cohen, "Les Deux Mondes", avec Benoit Poelvoorde.
métrage : "Benoit Poelvoorde joue le rôle d'un petit artisan de la rue de
Faubourg-Saint-Antoine, restaurateur de tableaux. Un jour, il est appelé dans un monde parallèle où il va devoir sauver une tribu africaine opprimée par une autre tribu. Il va alors faire des
allers-retours entre le monde réel, dans lequel il se fera largué par sa femme, et le monde virtuel, où il vivra des aventures improbables".
making of 1
making of 2
reportage en Afrique du Sud (canal+)
reportage à Paris (France 4)





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