Comédie dramatique belge réalisée par Benoit Mariage
avec: Benoit Poelvoorde, François Damiens, Gilbert Melki, Julie Depardieu, Bouli Lanners et Jean-Marie Barbier.
Synopsis: Daniel Piron, ancien militant de gauche devenu
journaliste d'une émission TV de "sécurité routière" a, croit-il, une idée de génie pour un film qui passera dans une émission du genre de "Strip-tease". Il a pour ambition que ce film le
revalorise à ses yeux, à ceux de sa femme et à ceux de la société. Bref, il pense qu'il sera ainsi reconnu aux yeux du monde entier et qu'enfin il sera heureux. Mais, hélas pour lui, le tournage
du film en question ne se passe absolument pas comme prévu. Il tourne à la catastrophe comico-tragique. C'est un naufrage total. Mais paradoxalement cet échec l'amène à la plus belle des
rencontres celle qu'il va faire avec lui-même...
Producteur: Dominique Janne.
Scénariste: Benoit Mariage.
Equipe technique:
Compositeur: Saule
Monteur: Philippe Bourgueil
Ingénieur du son: Olivier Hespel
Distribution: UGC
Durée : 1h35
Le film est sorti dans les salles le 5 décembre 2007.
Critique: quelle joie cette nouvelle collaboration entre Benoit Mariage et Benoit Poelvoorde! Après le
superbe film "Les Convoyeurs Attendent", j'attendais la sortie du film "Cow Boy" depuis deux ans. Malgré quelques touches humoritiques, le film est plutot triste. Il dépeint le quotidien d'un homme ordinaire qui tente désespérément de donner un sens à sa vie. Il va malheureusement aller de
désillusions en désillusions. Un film qui me touche beaucoup à chaque vision car il renvoit à nos propres échecs. Heureusement, la fin reste un peu optimiste et nous donne l'espoir et le
courage de continuer car même si rien n'a changé, l'estime de soi commence dans la reconnaissance de ses échecs.
Très belle équipe d'acteurs. Un François Damiens qui m'a agréablement étonnée. Malheureusement, un Gilbert melki qui me semble peu impliqué. Ce type de film va comme un gant à Benoit
Poelvoorde. Si vous l'aimez, vous serez comblé.
Ma scène préférée (la plus drôle): lorsque François Damiens parle du pardon qui ne se démode pas: "Daniel le pense, Jean-Marie le pense, Jésus le pensait il y a 2000
ans..."
Ma scène préférée (la plus émouvante): lorsque Benoit Poelvoorde visionne les rushs de ce qui a déjà été tourné et se rend compte qu'il se prend le mur et que son
reportage ne prendra jamais la tournure qu'il souhaitait...
teaser 1
teaser 2
teaser 3
teaser 4
teaser 5
teaser 6
A Charleroi, on se souvient encore du tournage avec Benoit Poelvoorde.
En octobre 2005, l'équipe a filmé plusieurs séquences dans la région de Charleroi.
"J'en garde de très bons souvenirs, surtout de la rencontre avec l'auteur et le réalisateur." explique Daniel Végis, propriétaire du restaurant "L'Hippopotame".
"L'équipe cherchait un lavoir. Le mien convenait. Et puis, le jour fatidique du tournage avec les camions qui bloquaient la rue. Benoit Poelvoorde est arrivé dans les premiers, avant 7 heures
du matin pour s'imprégnier des lieux".
"Depuis ce tournage, je ne regarde plus jamais un film de la même manière. Je connais l'envers du décor." évoque Cécile Desplat, la propriétaire du lavoir.
"Je me demande ce qui reste de tout ça dans le film." La scène a malheureusement été coupée au montage.
Corinne Plennevaux pour
Benoit Poelvoorde a rencontré le vrai personnage de son prochain film: Michel Strée, qui avait pris 30 enfants en otage à Vielsam en 1980.
Mardi 28 août 2007, l'acteur namurois Benoit Poelvoorde était chez Michel Strée pour tourner une séquence d'un documentaire qui accompagnera la sortie du film "Cow-Boy", mis en scène par Benoit
Mariage. Le film démarre sur des images d'archives du JT qui datent de novembre 1980. Elles relatent la prise d'otage d'un bus scolaire et de trente écoliers par trois jeunes (20 ans à l'époque),
qui voulaient dénoncés les injustices de la société. Démarrée à Vielsam, l'épopée utopique
s'était terminée sans faire de victime, au pied de la tour de la rtbf à
Bruxelles. Après dix-huit mois de préventive, les assises avaient acquitté Michel Strée.
Dans le film "Cow-Boy", Benoit Poelvoorde interprète un journaliste fasciné par les images de la prise d'otage, tournée vingt ans plus tôt. Tourmenté par le bilan catastrophique de son propre
parcours, le journaliste veut retrouver le jeune "elvis", surnom de Michel Strée au moment des faits. L'histoire devient fiction dans le film.
Pendant le tournage du film, Benoit poelvoorde avait brièvement rencontré Michel Strée entre deux prises et souhaitait le revoir. Or, depuis plus de dix ans, Michel Strée soigne des oiseaux dans
un site carrier désaffecté qui surplombe Aywaille (province de Liège).
Mardi vers 18h, le tonitruant "bonjour l'ami" lancé par Benoit Poelvoorde dans le décor lunaire de la carrière ouvrait une soirée d'une rare intensité entre deux écorchés vifs. Après la
mise en boîte d'une séquence touchante (que diffusera la rtbf), les deux hommes se sont installés autour d'un feu pour partager un barbecue et parler de leurs parcours.
Toujours révolté contre l'injustice, Michel Strée frise les cinquante printemps et se débat avec la législation sur les oiseaux pour soigner et maintenir en vie des rapaces trop blessés pour être
revalidés. La quarantaine perturbée, Benoit Poelvoorde vit lui aussi des moments difficiles. "Je suis un homme en colère! S'il faut des autorisations pour porter secours
à un animal blessé, où va le monde? Je n'ai pas osé aller aussi loin que toi. J'ai fait plein de conneries depuis un an et mon sentiment de culpabilité est énorme. C'est fatigant d'être le
porte-parole des autres mais il faut garder la tête haute, hein, Michel, il faut!", tonne Benoit Poelvoorde, qui est plus à l'aise dans le verbe que Michel Strée.
Deux hommes hors du rang, à l'esprit et à la sensibilité peu commune: deux oiseaux rares à préserver eux aussi.
reportage:
Nathalie Legrand pour




Drôle
et surtout émouvant, "Cow Boy" réunit avec bohneur les deux Benoit (Poelvoorde et Maraige), huit ans après "Les Convoyeurs Attendent".
"Cow Boy" ouvre ce week-end le Festival du film francophone de Namur, avant de sortir en salles au début du mois de décembre (le 5, en principe). Amis dans la vie et complices au cinéma,
Benoit Mariage et Benoit Poelvoorde y poursuivent une belle aventure commencée dans le court-métrage, et dont un premier le long, "Les Convoyeurs attendent", avait déjà largement montré l'énorme
potentiel de style, de propos, de beauté formelle et de profonde humanité. Mariage filme à hauteur d'homme, comme aime le souligner Poelvoorde, dont la prestation dans "Cow
Boy" est de celles que l'on n'oublie pas.
Le scénario puise une partie de son inspiration dans un fait divers fameux et à forte raisonnance sociale, survenu en Belgique, en 1980. Un jeune homme ne colère, Michel Strée, avait, on
s'en souvient, détourné un autobus scolaire à Vielsam, avec deux complices. Prenant la route de Bruxelles avec les enfants otages, il avait mené le véhicule jusqu'au parking de la rtbf. Là,
il avait tiré plusieurs coups de feu vers la police et la presse (sans blesser personne, heureusement), exigé de pouvoir exprimer à l'antenne sa révolte devant l'injustice économique et le sort
réservé aux socialement faibles, avant d'être maîtrisé dans un couloir de la radio-télévision...
Le héros de "Cow Boy", Daniel Piron, est journaliste, et se rappelle l'affaire Strée, ou plutôt l'affaire "Tony Sacchi", version fictionnelle préférée par Benoit Mariage pour son film. Cet
idéaliste prématurément usé végète dans une télé qui n'est pas nommée (mais on devine facilement), et où il présente sans enthousiasme Airbag, une émission de sécurité routière.
Revoyant des images de l'équipée dramatique de 1980, il lui vient une idée qu'il pense lumineuse: retrouver les protagonistes du fait divers, de Sacchi aux enfants devenus grands, en passant par
le chauffeur du bus et le policier qui maitrisa le preneur d'otages, et tourner un film sur leur réunion plus de vingt-cinq ans après les évènements.
Piron obtiendra un (maigre) budget pour mener à bien une entreprise en laquelle il fonde plusieurs espoirs majeurs: ranimer par une oeuvre significative la flamme d'une critique sociale en
vieilleuse alors que les choses ne se sont pas améliorées depuis; et, simultanément, renouer avec ses rêves de rendre le monde meilleur, tout en échaapant à la médiocrité où il baigne et dont il
veut sortir. L'arrivée (hilarante) d'un cameraman et d'un preneur de son improbables et pourtant si justement croqués, n'inspirant pas - c'est le moins que l'on puisse écrire! - une
confiance exagérée, annoncera les catastrophes à venir. Car le beau projet de Daniel Piron va tourner au cauchemar, les erreurs et maladresses du journaliste s'ajoutant au manque de réaction des
protagonistes pour mener droit à l'échec.
Rappelant le meilleur cinéma italien des années 1960 et 1970, "Cow Boy" mêle fort joliment comédie et tragédie humaines, éclairant la société via le portrait d'un personnage qu'on souhaite voir
émerger du marasme où il ne cesse de s'enfoncer. Une fin ouverte préserve l'espoir, et l'on peut dès lors se rappeler avec plaisir les nombreux moments drôles du film, sans oublier l'émotion
prenante qui s'en dégage aussi et surtout. Quant à Benoit Poelvoorde, pénétré par son personnage, il est ici d'une bouleversante vérité !
Louis Danvers pour
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