La suite du film "Les Randonneurs" vient de sortir dans les salles. Sous le soleil de St-Tropez, Benoit Poelvoorde apparaît comme une caricature de lui-même. L'acteur
namurois a néanmoins répondu aux questions avec plaisir.
Alors Benoît, comment allez-vous en ce moment?
Beaucoup mieux même
si j'ai une bronchite. Je suis très calme. Je me suis soigné. J'écris un spectacle de théâtre que je jouerai exclusivement en Belgique.
On vous a entendu annoncer une vingtaine de dates au théâtre de Namur à l'automne, c'est
ça?
En fait, je vais devoir modifier les dates car j'ai accepté un tournage pour octobre. Je vais faire le nouveau film d'Anne Fontaine avec Audrey Tautou. J'y jouerai le premier
amant de Coco Chanel.
Toujours une pièce à deux avec François Damiens mise en scène par Benoît
Mariage?
Non, il y a du changement. D'abord Benoît Mariage s'est retiré du projet car il traverse des difficultés personelles qui l'empèchent d'écrire. Alors j'ai appelé Stéphane
Liberski. On se connaît un peu et ça fait longtemps qu'on a envie de travailler ensemble.
Puis c'est François Damiens qui m'a lâché. Le directeur du théâtre a eu la bonne idée de lui montrer la salle avant d'écrire et il s'est chié dessus. Comme François s'est dégonflé, on a changé de
sujet. Ca devient un one-man-show sur le bien et le mal et plus une pièce sur la promotion.
Un retour aux sources?
oui, ce sera simple. Je serai seul en scène avec une table, une chaise et une lampe Ikea. J'ai envie de retrouver le public et de réfléchir avec les gens tout en rigolant. Et comme j'en ai marre
du consensuel, on va ruer dans les brancards.
Qu'est-ce qui a changé entre les premiers Randonneurs et ce
film-ci?
A l'époque, c'est la premiere fois que je voyais un scénario! J'apprenais mon texte la veille dans mon lit et j'avais peur de ne pas être à la hauteur. Pour ces
retrouvailles, j'étais beaucoup plus détendu. Et personne n'a changé, vraiment.
Il y a dix ans, vous sortiez avec Géraldine Pailhas. Ici, vous y allez avec Karin
Viard!
On y est allé france de porc! On a beaucoup rigolé ensemble. Il faut dire que les filles, je les ai vues assez souvent en dix ans. Les garçons, je les avais perdus de vue.
En sortant de cette grosse machine, Astérix, vous vous sentez comment?
La promo est terminée, le film marche très bien dans le monde et basta. Je ne l'ai même pas vu.
On ne vous verra pas beaucoup pour "Les Randonneurs 2". Vous en avez assez de la
promo?
A un moment, j'ai l'impression d'avoir tout dit, que les gens savent tout de moi. Ceci dit, je me suis rendu compte, au moment où on m'a un peu travaillé sur ma
dépression - Fogiel m'a piégé, en fait - de l'affection que me porte le public. J'ai reçu un courrier de solidarité énorme. Des sacs de lettres, de livres, de CD. Plein de mots d'encouragement et
de trucs pour m'aider. J'ai répondu à tout, parfois avec des mois de retard, et j'en profite pour remercier tout le monde par voie de presse. Je ne m'attendais pas à ça.
Votre chien, Billy Bob, a été une aide sérieuse, non?
Oh oui, il m'a vachement
aidé. C'est bête à dire, mais c'est ainsi. Il a tout juste un an, Billy Bob, et Karin Viard est sa marraine. Vous savez, les gens croient toujours qu'on a des vies incroyables, mais on est
parfois vachement seul. Là, ça fait trois jours que je suis à Paris et je n'aime plus sortir ici alors je reste dans ma chambre. Avant, j'allais au bar passer le temps. Là, je reste dans ma
chambre. Et comme je ne regarde plus la télé, le chien est là avec moi et je suis moins seul. D'ailleurs il m'accompagne partout.
Pas mal de comédiens emmènent leur chien en tournage, non?
Patrice Leconte me
racontait que, pour "Une Chance sur Deux", il s'est retrouvé avec les dogues de Delon, les caniches de Belmondo et le bichon de Vanessa Paradis. Quand il a vu mon chien, il a voulu lui faire
jouer un chien errant. Ce sera la seconde fois. Denis Podalydès l'a déjà fait tourner il y a quelques mois et Billy Bob avait reçu 25 euros du producteur pour acheter des croquettes, une nouvelle
laisse et un jouet.
L'acteur qui rentre seul le soir, c'est la rançon du succès?
Ca peut donner cette image-là; mais j'espère que je ne vais pas rester seul toute ma vie! Avant, j'étais un grand noctambule, j'avais une vie dissolue même. Quand j'ai été malade, j'ai compris
que j'avais besoin de me retrouver avec moi-même. On devrait apprendre aux enfants l'individualité au lieu de les submerger d'activités. La solitude est nécessaire à la réflexion alors que la
télé rassemble, mais ne permet pas aux gens de se distinguer. Je ne crois pas que me solitude me pèse tant que ça. Et dès que je peux, je rentre en Belgique.
Vous en avez marre de Paris?
Quand je suis à Paris, je ne rencontre que des gens qui font du cinéma et ça ne m'interesse plus. A un moment, je me suis fait bouffer. On n'allait que dans les restos et les soirées d'acteurs,
au Coste, au Matisse... Au final, on ne parle que de cinéma, c'est la guerre de l'égo et tu n'en peux plus. Maintenant, je suis catégorique. Je refuse d'aller dans ces endroits qui
m'emmerdent.
Propos recueillis par Magali Veronesi pour




















