Les festivités carnavalesques
Souvent quand on parle du carnaval de Binche, on pense aux Jours-Gras. Cependant, la période carnavalesque débute bien avant. Les six dimanches précédents le
carnaval constitue une préparation au carnaval: répétitions, soumonces, bals et encore Trouille de Nouille sont des moments qui conduisent de manière progressive à l'apogée du
Mardi-Gras.
Le carnaval, proprement dit, se déroule durant les jours dit Gras: le dimanche, le lundi et le mardi précédent le Mercredi des Cendres.

Les origines
La légende voulait que le Carnaval remonte à 1549. Or, on parle déjà d'un Carnaval à Binche en 1395. On le nommait Quaresmiaux ou Caresmiaux et l'on évoquait déjà
le Cras Dimence.
A cette époque également, on retrouve à travers la Wallonie et d'autres régions d'Europe, des grands feux. Ce feu peut se retrouver lors du rondeau final, le soir du Mardi-Gras, par les feux
d'artifice et de Bengale hallucinants par leur crépitement et leurs lumières multicolores.
Mais son origine doit remonter à bien plus loin encore. Le Carnaval de Binche se rattache sans aucun doute, de par son origine, aux anciens véritables carnavals (nous entendons par là ceux qui
n'ont pas été fabriqué de toutes pièces à des fins uniquement festives) de Wallonie et aux fêtes païennes européennes.
A propos de ce paganisme qui est incontestable par les démonstrations burlesques de la fête, il est à faire remarquer qu'une facette du folklore binchois a tout du religieux de par sa rigueur et
son sérieux. D'ailleurs, tout comme pour les fêtes susmentionnées, les tentatives d'éclairement sur l'origine des traditions peuvent trouver des indices de réponses dans les rites ancestraux,
magiques et religieux.
Ces cérémonies avaient pour but essentiel de chasser le mauvais esprit, de combattre les forces du mal en faisant appel à des forces magiques au travers de la danse et au moyen de l'offrande afin
d'assurer la fertilité des champs, la fécondité des femmes… C'est en quelque sorte la fête du renouveau printanier.
Le Carnaval se célèbre juste avant le Carême. La mobilité de la fête chrétienne entraîne celle de la fête profane. La date du Dimanche-Gras - dénommé dans le calendrier ecclésiastique, dimanche
de la Quinquagésime - se calcule à partir de Pâques, en remontant de 49 jours. Les jours gras se situent donc à des dates variables, à l'intérieur d'une période qui fluctue du début février
jusqu'en mars.
En prévision et par compensation de la période de mortification qui s'annonçait, nos ancêtres veillaient à prendre du bon temps. On dansait, on s'ébattait dans les tavernes ou sur les places
publiques.

Du point de vue de l'étymologie, l'appellation de Carnaval pourrait mettre
l'accent sur l'interdiction de l'alimentation carnée, qui est une des règles de la période de pénitence. Ou bien elle insiste sur le fait qu'au Carnaval, il reste permis de " manger gras " ou que
l'on " entre " dans une période de mortification. A la première catégorie appartient le toscan carnevale ou le français carnage, charnage (du latin caro-carnis, la viande). L'appellation de "
jours gras " est claire. De la seconde catégorie relèvent les dénominations comme carême-entrant ou carême-prenant.
Au fil des siècles, le rite a édulcoré sa valeur originelle. La fonction magico-religieuse s'est évaporée. Des objets demeurent qui attestent de la fonction disparue. De même subsistent un
certain état d'âme, une sorte d'impératif social, une dignité fort éloignée du burlesque carnavalesque.
Le Carnaval de Binche chef-d'oeuvre du
patrimoine oral et immatériel de l'humanité
Le vendredi 7 novembre 2003 le carnaval de Binche a été reconnu par l'UNESCO comme faisant partie du patrimoine mondial en tant que chef-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de
l'humanité.

pour en savoir + : http://www.carnavaldebinche.be