Benoit Poelvoorde a rencontré le vrai personnage de son prochain
film: Michel Strée, qui avait pris 30 enfants en otage à Vielsam en 1980.
Mardi 28 août 2007, l'acteur namurois Benoit Poelvoorde était chez Michel Strée pour tourner une séquence d'un documentaire qui accompagnera la sortie du film "Cow-Boy", mis en scène par Benoit
Mariage. Le film démarre sur des images d'archives du JT qui datent de novembre 1980. Elles relatent la prise d'otage d'un bus scolaire et de trente écoliers par trois jeunes (20 ans à l'époque),
qui voulaient dénoncés les injustices de la société. Démarrée à Vielsam, l'épopée utopique
s'était terminée sans faire de victime, au pied de la tour de la rtbf à Bruxelles. Après dix-huit mois de préventive, les assises avaient acquitté Michel Strée.
Dans le film "Cow-Boy", Benoit Poelvoorde interprète un journaliste fasciné par les images de la prise d'otage, tournée vingt ans plus tôt. Tourmenté par le bilan catastrophique de son propre
parcours, le journaliste veut retrouver le jeune "elvis", surnom de Michel Strée au moment des faits. L'histoire devient fiction dans le film.
Pendant le tournage du film, Benoit poelvoorde avait brièvement rencontré Michel Strée entre deux prises et souhaitait le revoir. Or, depuis plus de dix ans, Michel Strée soigne des oiseaux dans
un site carrier désaffecté qui surplombe Aywaille (province de Liège).
Mardi vers 18h, le tonitruant "bonjour l'ami" lancé par Benoit Poelvoorde dans le décor lunaire de la carrière ouvrait une soirée d'une rare intensité entre deux écorchés vifs. Après la
mise en boîte d'une séquence touchante (que diffusera la rtbf), les deux hommes se sont installés autour d'un feu pour partager un barbecue et parler de leurs parcours.
Toujours révolté contre l'injustice, Michel Strée frise les cinquante printemps et se débat avec la législation sur les oiseaux pour soigner et maintenir en vie des rapaces trop blessés pour être
revalidés. La quarantaine perturbée, Benoit Poelvoorde vit lui aussi des moments difficiles. "Je suis un homme en colère! S'il faut des autorisations pour porter
secours à un animal blessé, où va le monde? Je n'ai pas osé aller aussi loin que toi. J'ai fait plein de conneries depuis un an et mon sentiment de culpabilité est énorme. C'est fatigant d'être
le porte-parole des autres mais il faut garder la tête haute, hein, Michel, il faut!", tonne Benoit Poelvoorde, qui est plus à l'aise dans le verbe que Michel Strée.
Deux hommes hors du rang, à l'esprit et à la sensibilité peu commune: deux oiseaux rares à préserver eux aussi.
reportage:
Nathalie Legrand pour
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