C’était si éprouvant ?


C’était si éprouvant ?


Benoît Poelvoorde, qui incarne le méchant Brutus dans la comédie Astérix aux Jeux Olympiques,
n'est pas sportif. Mais il porte un regard acerbe sur la grande comédie du sport business.
Vous avez souvent interprèté des rôles proches du monde sportif (Les Randonneurs, Les Convoyeurs Attendent, Le Vélo de Ghislain Lambert, Narco et maintenant
Astérix). D'où vient cet engouement?
De nulle part... J'adore le cyclisme, c'est vrai. Pour
Le Vélo de Ghislain Lambert, je me suis beaucoup entraîné. à la fin, j'étais pratiquement devenu un coureur semi-professionnel. Je roulais bien. On faisait
du 42 km/h de moyenne !

Il y a aussi la natation avec...
(Il
coupe.) J'ai également joué le rôle d'un maître-nageur dans Rires et châtiments... Mais il faut savoir que j'ai mon brevet de sauvetage. C'était
donc plus simple. Ce sont mes seuls rapports au sport. Ah si, il y a aussi Podium avec la danse. Là, c'était dur. Surtout avec Mia Frye. Vous avez déjà
essayé de travailler avec elle ? Trois mois à raison de deux heures par jour ! Elle m'a épuisé. Mais elle est très sexy, ça reste donc agréable.
Avez-vous des souvenirs olympiques?
(Il réfléchit.) Je me souviens d'une marcheuse... Elle est arrivée dans le stade largement en tête. Elle n'avait
plus que quelques centaines de mètres à parcourir. Elle a décollé les deux talons en même temps et a été disqualifiée... Elle s'est mise à genoux et a commencé à pleurer. Ça m'a fait mal au
coeur. C'était injuste...
Y-a-t-il un sportif qui vous fascine?
(Sans hésiter.) Eddy Merckx. Je suis belge, ce n'est pas compliqué. Merckx, c'est le champion
toutes catégories. Personne ne l'égalera jamais. On l'appelait le Cannibale car il gagnait tout. C'est mon Dieu.
Justine Henin?
Je n'aime pas le tennis. Donc, je m'en fous. Elle est formidable, mais je déplore qu'elle ait quitté la Belgique pour ne pas payer d'impôts. Je trouve qu'il
faut aider les gens qui ont moins de chance que toi...
Comme Brutus, seriez-vous capable de tout pour avoir un rôle?
Jamais ! Je m'en fous. Je n'ai pas d'ambition...
Dans le film, vous vous dopez...
(Il coupe.) Oui, j'adore ça. Si j'étais champion, je tricherais... Sans problème. Comme dans Le Vélo de Ghislain Lambert. Pourquoi mentirais-je ? Si on me dit que je peux avoir une force de cheval en prenant un truc, je le prends. Encore plus si ce n'est
pas décelable. Vous savez ce qui va se passer dans les années à venir ? On va créer génétiquement des sportifs et ce sera bien pire que de se mettre une seringue dans le cul et de continuer
à courir. Car, si les cyclistes n'arrivent pas à rouler à 35 km/h dans le Galibier, les gens s'emmerdent devant leur poste de télévision... Alors, laissez-les tranquilles ! Ayons du respect
pour les sportifs.
Avez-vous...
(Il coupe.) Quand Zinédine Zidane donne ce coup de boule, en finale du Mondial 2006, ce geste le fait définitivement
Dieu. Dans la foi, on dit toujours que si tu crois en Dieu, tu dois toujours avoir un doute. Et la seule vertu de Dieu, c'est d'avoir un doute. Zidane, sur ce coup de boule, a été humain. C'est
la preuve que c'est Dieu. J'aime beaucoup Zidane. C'est un dieu vivant.
L'avez-vous croisé pendant le tournage?
Non. Dans la scène finale du banquet, je ne suis pas là... Zidane, je l'ai croisé à Bordeaux. Un type me l'a présenté. J'étais très impressionné. Il est
très gentil. Très beau aussi. On s'est dit des banalités.
Quels ont été vos rapports avec les sportifs présents dans Astérix?
J'aime énormément Jérôme Le Banner (le légionnaire Cornedurus). Je prie pour qu'il arrête de se battre. Je ne veux
pas voir ses combats de K1. Je suis tétanisé à l'idée qu'il prenne un mauvais coup. Jérôme est quelqu'un de très intelligent, très raffiné aussi. Il est d'une grande sensibilité. On est devenus
amis. Il veille sur moi comme un frère... Au début, j'avais un a priori terrible. Avec cette montagne de muscles, je me disais qu'il devait avoir un QI de parquet. Pas du tout !
Et Michaël Shumacher?
J'ai passé une soirée avec lui et Jean Todt. Je peux vous dire qu'il conduit mieux qu'il ne boit. Quant à Vincent Moscato, je crois que c'est le plus
mauvais acteur que j'aie vu au monde. En revanche, quand vous sortez en boîte de nuit avec lui et Jérôme Le Banner, vous êtes certain qu'il ne vous arrivera jamais rien.
Propos recueillis par Laurent
Giraud-Coudière et Lionel Vella


Comédie française réalisée par Thomas Langmann et Frédéric Forestier
avec: Benoit Poelvoorde, Clovis
Cornillac, Gérard Depardieu, Alain Delon, Stéphane Rousseau, Vanessa Hessler, Jérôme Le Banner, José Garcia, Franck Dubosc, Jean-Pierre Cassel, Alexandre Astier et Bouli Lanners.
Synopsis: Pour remporter les Jeux Olympiques et permettre au jeune Alafolix d'épouser
la Princesse Irina, Astérix et Obélix devront affronter le machiavélique Brutus, fils de César, au cours d'une Olympiade...
Producteur: Thomas Langmann.
Producteur exécutif: Jean-Louis Monthieux
Scénaristes: Olivier Dazat, Thomas Langmann, Alexandre
Charlot et Franck Magnier d'après l'oeuvre d'Albert Uderzo et René Goscinny.
Equipe technique:
Directeur de la photographie: Thierry Arbogast
Chef décoratrice: Aline Bonetto
Costumière: Madeline Fontaine
1er assistant réalisateur: Christophe Vassort
Scripte: Anne Wermelinger
Cascadeur: Patrick Cauderlier
Directeur de production: Jean-Marc Deschamps
Distribution: Pathé
Distribution
Durée: 1h53
Le film est sorti dans les salles le 30 janvier 2008.
Le film aurait certainement eu une meilleure critique sans tout le tapage médiatique fait autour de son tournage
et de sa sortie.
Une chose est sûre: ce film aurait dû s'appeller "Brutus aux Jeux Olympiques" tant Benoit Poelvoorde porte le film sur ses épaules. Il est omni-présent à l'écran mais on le sent tellement
mal dirigé et un peu à l'étroit dans sa façon de jouer que les scènes font plus sourire que rire. Objectivement, seuls Benoit Poelvoorde et Alexandre Astier sont drôles... ce qui est peu quand on
voit la distribution d'acteurs.
Et les autres acteurs me direz-vous? J'ai aimé la prestation de Bouli Lanners et de ce comédien allemand: Michael Herbig. Delon joue Delon (sans commentaire!) et la scène finale du banquet
auquel sont conviés les guests stars est pathétique. Pourquoi ne pas avoir intégré ces athlètes dans les scènes d'épreuves sportives comme pour Schumacher?
De plus, il faut reconnaitre que le film manque de rythme. J'ai trouvé certaines scènes beaucoup trop longues, notemment la course de chars. Même si les effets spéciaux sont très bien
réalisés, ça ne compense pas la faiblesse du scénario.
Il faut tout de même reconnaitre que c'est, de loin, le film qui respecte le mieux l'état d'esprit des albums d'Astérix. Ce film est donc, contrairement aux précédents, plutôt destiné aux vrais
fans des albums originaux qu'à un large public.
En conclusion, on passe tout de même un bon moment et je vous conseille de le voir au moins une fois!
Ma scène préférée (la plus drôle): lorsque Brutus n'a pas le code pour rentrer dans le palais de son père et que Malosinus (Alexandre Astier)
improvise une série de chiffres!
Sa préparation
"Le scénario a été écrit en pensant à moi. J'ai accepté un an avant le tournage. Puis, je n'ai plus
jamais vu personne. On m'a donné les dates et j'y suis allé. On m'a demandé de faire du sport et j'ai dit non. On m'a demandé de venir une semaine à l'avance pour faire du cheval, mais le cheval
était plus malin que moi et j'ai dit que cela ne servait à rien. J'ai passé une semaine de vacances avant de tourner."
Sa rencontre avec Delon
La première fois qu'ils se sont croisés, c'était dans la capitale
française."Il m'a obligé à venir faire une photo à Paris, explique l'ami Ben. J'étais à Alicante. J'ai dû prendre un
jet privé, faire une photo, puis repartir à Alicante. Il m'a coincé, parlé, j'ai dû faire l'interview avec lui, on a fait les photos pour la couverture de Paris Match : je les trouvais immondes. On
aurait dit une soirée chez Michou (célèbre cabaret de travestis à Paris). Il n'a rien voulu entendre. Après, on m'a remballé dans l'avion et c'était fini."
Sur le plateau, l'entente ne fut pas non plus très cordiale. "Ce n'est pas un homme facile. Il est très distant, très seul. Donc, il n'y a pas vraiment
de rencontre. Il tournait puis s'en allait. Cela m'arrangeait : comme j'étais censé ne pas beaucoup aimer mon père, il me faisait peur. Eh bien, cela m'aidait. Il n'est pas très engageant.
C'était plus difficile avec Obélix. J'aime beaucoup Gérard et on riait beaucoup ensemble. Avec Clovis aussi. Et aussi avec Jean-Jacques... euh Stéphane Rousseau (rire)."
"Il y a quelque chose de très drôle que je vous confie : Alain Delon a voulu la dernière image du film. C'est incroyable : cela devait se terminer sur son visage. Ave Delon. Ave papa
!"
Sa fausse musculation à l'écran
"C'était très désagréable à faire.
Je dois reconnaître que quand j'étais devant le miroir, ce n'était pas très beau quand même. On m'a proposé de faire de la gymnastique avant le film pour que je sois un peu musclé. C'est absurde
: Brutus ne veut pas faire de sport. Au moins, que je reste comme je suis. Et j'ai eu plus de plaisir à jouer avec mon petit bedon qu'avec des muscles. I'm a belgian man !"
Sa rencontre avec Michaël
Schumacher
"Un jour, on a dû monter ensemble vers le plateau, situé à 4-5 kilomètres des loges. On était tous les deux dans une toute petite voiture de golf et on ne pouvait
pas rouler plus vite que 5 km/h ! Je me disais que j'étais avec l'homme le plus rapide du monde dans la voiture la plus lente du monde ! Et alors, il avait l'air idiot, parce qu'il était très
sérieux. Je me suis dit : personne ne me croira. Il est très gentil. Très timide. Mais on ne peut pas parler de ses courses, des femmes et de voiture. De rien de ce qui intéresse un homme, quoi
! "
Les After
"Stéphane Rousseau a encore un de mes slips ? Un jour, tous ces fous furieux sont venus prendre un bain dans ma piscine. Et ils n'avaient pas de maillot ! J'ai des
photos de tout le monde à poil. C'est pour ça qu'on me laisse faire ce que je veux..."
Source:
Astérix aux Jeux
Olympiques est l'un des derniers rôles de Jean-Pierre Cassel, père de Vincent Cassel, sous les traits du
druide Panoramix. L'acteur est en effet décédé en avril 2007.
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