C'est l'histoire d'un mec devenu star. Seulement voilà: lui, il voulait juste être un homme. Simplement.
Gentiment.
Il n'est décidément pas comme les autres, Benoît. Avec la sortie des "Deux Mondes" débute cette semaine une véritable saison Poelvoorde sur les écrans. "Cowboy", le film de son ami Benoît
Mariage, suivra début décembre, peu de temps avant le second volet des "Randonneurs". Et "Astérix et les Jeux Olympiques" est prévu pour février. Quatre films à la queue leu leu! Et, comme
toujours depuis qu'il est arrivé comme un scud dans le cinéma avec C'est arrivé près de chez vous, il y a déjà quinze ans, tous ces films reposent sur la faconde irrésistible de Ben. Voilà, on
pourrait s'en tenir là. Le Namurois est devenu un des acteurs les mieux payés de France. On se l'arrache au cinéma, en télé, dans la presse et dans les soirées pince-fesses. Réussite. Argent.
Courbettes. Que vouloir de plus? Poelvoorde est heureux?

Ce serait mal connaître l'ami Ben. Ou plutôt l'homme Poelvoorde. Petit à petit, il s'est senti arraché. Irrésistiblement éloigné de ce qu'il aime. Trop loin de Namur et de son rythme nonchalant,
de la Belgique et de son ciel bas. Trop loin de sa mère qui est "la femme de ma vie". Trop loin des vrais amis et du "type qui te paie un verre dans un bistrot pourrave". Trop loin de cette
gentillesse qu'il affectionne. Trop loin de ce qu'il est, au fond. Et donc tout a foiré. Tout s'est mélangé. Pas dans sa vie professionnelle. Mais dans sa vie intime. "Je suis allé dans le mur.
Je roulais sans phares. Je croyais connaître le chemin. Je ne le connaissais pas." Et Benoît est devenu "un homme qui tombe", comme il dit. Tout était devenu trop lourd. Ce statut d'amuseur
public. Cet agenda de fou. Ces éloignements interminables. Ces pince-fesses. Ces courbettes. Ces excès. Cette séparation d'avec la femme qui était son phare, depuis quinze ans. Et puis cette
impression de ne plus être ce qu'il voulait être.
Après une période noire, très noire, Benoît tente lentement de se relever et de redevenir ce qu'il est. A la fois marrant et soucieux, révolté et doux, remuant et attachant. Faible, en somme.
Comme un homme.
Benoît, la dernière fois que nous nous
sommes vus, on s'était promis d'aller faire de la pêche...
Et on ne l'a jamais fait, hélas! Mais je continue d'en rêver. Je ne sais pas pêcher, mais on s'en fout. C'est l'idée
d'attendre, assis en buvant des bières, à ne rien foutre! Cette sérénité qu'a le pêcheur devant l'ennui, je trouve ça merveilleux! Avec sa petite canne et sa petite bière dans sa petite musette,
il est heureux. On entend juste "pschitt" quand il ouvre sa cannette... C'est mon fantasme. Mais mon emploi du temps imbécile m'en empêche. Pourtant, la paresse est un sujet qui me touche: ça
fait trois ans que je travaille sur un scénario de film qui s'appelle Les Inutiles, où je veux faire l'apologie du non-travail. L'inverse de Sarkozy. Je pourrais dire: j'arrête tout, voilà! Mais
il n'y a rien à faire. Je suis un angoissé perpétuel, j'ai peur de me dire: et si je m'étais trompé? Tu changes tout, et puis tu te trompes: t'as l'air d'une bite!
Rêver d'aller pêcher et ne jamais l'avoir
fait, ça résume ce qui t'est arrivé ces dernières années?
J'ai présumé de mes forces, oui. J'adore tourner. Si le cinéma se résumait à
"moteur, action et coupez", ce serait le pied. Mais c'est tout ce qui est autour qui te bouffe. Je me suis tapé quatre films de suite en deux ans (Cowboy, Astérix et les Jeux olympiques, Les
Deux Mondes et Les Randonneurs 2). Tout le monde me disait: t'es fou, t'y arriveras pas. Et moi, bêtement: mais si, puisque j'ai l'enthousiasme et le plaisir! J'ai largement présumé de mes
forces. Et ça a été un chemin de croix. Je suis allé droit dans le mur.
C'est-à-dire?
Je suis malade. Une dépression nerveuse. Ça arrive à tout le monde. Beaucoup de gens ne sont pas conscients qu'ils sont déjà en dépression.
Ça vient de loin. Pour moi, ça remonte à trois ans, à l'époque de "Podium". Et puis tout à coup, ça tombe: la dépression se révèle, et voilà. Je me suis fermé complètement. J'ai commencé à vivre
tout seul, m'enfermer, parfois même à picoler seul. Je n'arrivais plus à voir les gens. Parce que je me méprisais moi-même. Et quand tu te méprises, tu vas dans la destruction, dans les excès en
tout genres Les choses n'ont plus d'importance. Alors que les gens ne cessent d'aller vers toi pour t'aider, tu finis par avoir une sorte de misanthropie. J'habite dans une maison qui me permet
de ne jamais voir le jour, si je veux. Je n'ouvrais même pas les volets et je vivais comme un troglodyte. Je pleurais beaucoup. Mais les larmes, c'est bon. Il ne faut pas avoir peur du chagrin.
Le Belge a un chagrin en lui qui est magnifique, qui est gracieux. Je trouve ça assez beau d'être habillé de chagrin.
Ça va, maintenant?
Ouais, ouais, je me soigne. Je suis suivi, je prends des médicaments et je bois trois litres d'eau par jour pour me purger. Le problème, c'est que je suis dans une période où je ne peux pas
m'arrêter. "Les Deux Mondes" sort cette semaine, il y a "Cowboy", puis "Astérix". Trois mois de promo! Mais ça va. J'ai fait le bilan de ce qui a foiré. C'est vraiment le thème du film "Cowboy",
de Benoît Mariage: c'est dans la reconnaissance de ses échecs qu'on retrouve l'estime de soi. C'est un travail que j'ai fait. Qui n'est pas fini. Mais quand même: j'ai fait un chemin, je sais les
erreurs que j'ai faites.
Quelles erreurs?
Ne pas me préserver des instants pour aller pêcher, par exemple. (Rire.) Et puis, je ne peux pas vivre plus deux mois loin de la Belgique. Pour Les Deux Mondes, on a tourné en Afrique du Sud.
Pour Astérix, je suis resté cinq mois près d'Alicante! Le soir, je regardais la RTBF par satellite rien que pour voir des murs belges, avec des briques! C'est quand même incroyable: j'étais
heureux de voir Télétourisme! (Rire.) Ces cinq mois, ça m'a pété la tête. Heureusement, j'avais Bouli Lanners avec moi, mais tout le temps... Ils ne m'ont laissé rentrer qu'une fois à Namur. Eh
bien, j'ai filmé la pluie belge avec mon portable! Comme ça, si ça n'allait pas, à Alicante, je me la regardais un peu... J'ai tellement besoin du ciel bas. J'aime bien avoir cette impression
qu'il y a un grand papier calque dans le ciel au-dessus de la Belgique. Et aussi de cet esprit qu'on a. Tu sais, notre espèce de tristesse amusée. Ce chagrin joyeux. J'en ai viscéralement
besoin.
Au début du tournage d’Astérix, tu disais dans
une interview avec Alain Delon (qui y joue César) que ut ne te laisserais jamais engloutir par le cinéma.
Et je me suis laissé engloutir. Je voulais que le cinéma fasse
partie de ma vie et pas que ma vie soit le cinéma. Mais quand tu ne fais que passer de plateau en plateau, ta vie devient le cinéma. Tu perds le contrôle. On t’infantilise, au cinéma ! T’as
faim ? On te donne à manger. T’as soif ? Tiens, bois. On te véhicule, tu n’achètes plus rien toi-même, tu n’as plus d’argent sur toi. Tu finis par ne plus avoir conscience du réel et
des gens. Le cinéma te maintient dans une bulle. C’est pour ça que des comédiens deviennent complètement fous. Sur Astérix, c’était du tout à l’égo. Des acteurs qui changent six fois d’hôtel, qui
refusent de jouer, des bagarres merdiques…
L’atmosphère
de ces mégatournages est épouvantable ?
Mais ça, Gérard Depardieu m’avait prévenu : tu vas en chier ta race. C’est tellement énorme ! Je ne sais pas combien
il y avait d’assistants. Tu posais une question et il fallait treize personnes avant d’avoir une réponse. Sur Astérix, le décor était à Perpète-les-Ouilles, à trois kilomètres des loges, on se
d »plaçait en voiturettes ! Je ne ferai plus ça. Je ne juge pas. Je suis d’ailleurs content de l’avoir fait parce que c’était un rêve de jouer un mauvais (Brutus), un méchant dans un
film pour enfants qui sera très bien. Mais ça ne me convient pas.

Tu es quelqu'un qui aime improviser? Or, pour pouvoir imrpoviser sa vie, paradoxalement, il faut pouvoir la
contrôler...
C'est exactement ça. C'est comme quand on joue: tu peux improviser mais il faut qu'il y ait un texte derrière. Dans
"C'est arrivé près de chez Vous", c'est parce qu'il y avait un texte béton qu'on a pu faire beaucoup d'improvisation. S'il n'y a pas la base, les racines, ça foire. Tu ne peux pas arriver
avec ta bite et ton couteau sans travail de fond. C'est pareil pour la vie. Si je ne la connais plus, si je ne la contrôle plus, je ne sais plus l'improviser.
Dans "Cow Boy", tu joues Daniel Piron, un journaliste
qui fait le constat d'échec d'une vie. Tu as fait le constat: ce que tu étais devenu ne correspondait pas à ce que tu voulais être?
Au moment où je le tournais, il
y a deux ans, je ne me rendais pas compte que ce rôle aurait une telle incidence sur moi. Mais quand je l'ai vu fini, c'était
comme un miroir. J'ai pleuré à chaudes larmes en le voyant. A la projection, les gens voyaient que je tremblais. Et le monteur m'a même dit: ça va pas? C'était à la fois parce que je trouvais le
film merveilleux et parce que j'avais l'impression d'avoir devant moi un homme qui tombe. Comme moi. Après, grâce à l'acceptation de ses échecs, Piron se remet à avoir de l'estime de soi. Moi, je
ne suis pas encore dans cette phase. Mais c'est le plus beau rôle de ma vie. Et je ne pense pas que je ferai mieux.
Certaines personnes pourraient mal comprendre ton mal-être. Tu es
ultra-privilégié...
Oui, c'est indécent de se plaindre quand on fait ce métier! Le type qui se lève à 5 heures du matin pour aller travailler à un péage autoroutier, lui il a le
droit de se plaindre. Mais je ne me balade pas avec un t-shirt où il est inscrit: "je suis malheureux". On me pose des questions et je parle vrai. Je pourrais mentir et ce serait tout aussi
indécent. Les gens ne sont pas dupes. Ce que je vis montre que la réussite professionnelle, l'argent, la notoriété, tout ça ne t'amène pas nécessairement à l'équilibre. Et que ce soit moi ou le
type qui trime, on peut vivre la même chose.
Devoir constamment "faire du Poelvoorde", être en représentation faisait partie de ce manque d'estime de toi?
Etre uniquement le pitre de service, oui. Me dire: je ne suis pas là que pour faire l'imbécile est aussi une manière de retrouver l'estime de moi. Un moment, j'avais le sentiment d'être une bête
de cirque. Pour la promo des films, je dois faire de télés. Ce qui est normal. Mais parfois on me propose des émissions qui sont une insulte à mon intelligence! Et on me répond: oui, mais à la
télévision, tu dois mettre ton cerveau au vestiaire. Ca fait 4 millions de spectateurs qui sont dans notre cible... A la télé, il y a de la vulgarité que je ne supporte pas. Si j'étais dans la
vie réelle, parfois, je leur dirais: vous vous comportez comme des porcs.
Et tu ne peux pas le faire?
Non. Enfin, je l'ai fait chez Ardisson. La première question qu'il me pose c'est: vous êtes très copain avec Clotilde Coureau, est-ce que vous avez vu ses petites culottes? La, je lui dis:
excusez-moi, mais quand vous invitez quelqu'un à dîner, votre première question est de lui demander s'il a vu la culotte d'une copine? C'est de la grossièreté. Ca a été coupé au montage. Un autre
jour en télé, un imbécile me demande si je n'ai pas joué dans "Les Deux Mondes" parce que j'ai perdu mon père à l'âge de 11 ans. quel rapport? Quoi, vous voulez que je chiale en parlant de mon
père? C'est vulgaire! Donc, ou bien tu ne fais plus ces émissions, mais alors c'est mépriser le public, et l'équipe du film a l'impression que tu ne défends pas son job. Ou tu mets ton
cerveau au vestiaire et tu acceptes les familiarités vulgaires et tu fais trois vannes pourries pour te mettre à niveau. Qu'est-ce que j'en ai à foutre de savoir si un tel ou telle pète au
lit? A force, t'en as plein le cul, tu te sens sali par ça.
Comme par le fait de te voir dans Voici?
Comme je dis toujours: c'est moi qui ai commencé! C'est moi qui ai voulu devenir acteur. Donc je ne peux même pas en vouloir à ce torchon de me bombarder la gueule. Et encore, j'ai du bol que
Cécilia quitte Nicolas! (rire) Mais un moment, ça devient de l'acharnement. J'étais en traitement pour ma dépression à Mont-Godinne, à Namur. J'ai dû quitter l'hôpital parce que des types de
Voici tentaient de payer des visiteurs pour me photographier dans mon lit avec leur portable. Du coup, dans Voici, ils ont raconté que j'avais été viré de l'hôpital parce que je picolais et que
je foutais le bordel... Ca fait très mal, ça! Pas tellement à moi, parce que je connais la vérité. Mais à ma mère, par exemple. et ce qui fait le plus mal, là dedans, c'est quand un ami à toi
contribue à véhiculer des horreurs sur toi dans ce papier chiottes.
Tu parles de Yann Moix, qui écrit une chronique dans Voici, qui était le
réalisateur du film Podium et avec qui tu devais tourner un nouveau film, "Ciné-Man", que tu as décidé de ne pas faire?
Il m'a littéralement trahi, en balançant dans Voici n'importe
quoi sur ma gueule. J'aurais été viré du tournage de "Ciné-Man", ce qui est complètement faux. Je ne peux pas parler des raisons pour lesquelles je ne fais le film parce que, juridiquement,
je suis tenu par la confidentialité. Si je pouvais donner les vraies raisons, je le ferais avec plaisir. Mais je ne le fais pas. Lui ne respecte pas ce contrat, et en plus il ment. Que
ça vienne d'un ami à qui j'ai consacré deux ans de ma vie, c'est terrible, ça! Ca te met par terre. Je devais faire son film pour lui alors que j'étais déjà sur les rotules. Et tout à coup
il te chie dessus. C'est une merde. Dégoûtant.
C'est tout ce que tu ne voulais pas, ça? Tu avais un côté ovni, dans le
showbiz. Rien ne semblait t'atteindre, tu slalomais, tu survolais ce monde avec une apparente désinvolture... Tu te croyais intouchable?
Pas intouchable mais épargné, jusque là.
Mais tu ne peux pas éviter une trahison. Ce n'est jamais le public qui te massacre. Lui, il assiste à ces saloperies. Ceux qui te massacrent, ce sont ces intermédiaires du milieu. Je
croyais pouvoir leur tenir tête. Je n'ai pas réussi. C'est pour ça que je vais écrire un spectacle. Je veux répondre à ce milieu et à l'entourage du cinéma qui me cassent les
couilles. Pour parler de moi, de ma jeunesse. Comme ça, ça évitera qu'on écrive n'importe quoi sur mon passé. Et je voudrais montrer dans ce spectacle à quel point j'ai pû rencontrer des
absolus crétins, dans ce métier. Je vais régler mes comptes. Mais pas méchamment. Je suis un gentil, moi. Ce sera un spectacle drôle, un one-man-show.
Je ne veux pas devenir comme Depardieu, as-tu dit...
Il ne faut pas mal interprèter cette phrase. Je suis très ami avec Gérard. Il a une force de vie effrayante. Mais il y a aussi des moments où il a une telle détresse et une telle solitude!
Sa tristesse et sa solitude se voient comme un vêtement, parfois. J'avais envie de de lui dire: mais arrête alors, fais quelque chose qui te rende heureux. Mais il a besoin de tourner.
Il vit une contradiction perpétuelle. Je ne veux pas ressentir cette détresse et cette solitude. Mais ce n'est pas une critique sur l'homme! Je l'adore. On va d'ailleurs faire un film
ensemble au printemps: "Signé Dumas", où je serai le nègre, un petit binoclard qui tenait un peu la bête. Parce que Dumas, c'est vraiment Depardieu. Un ogre!
Tu as 43 ans et pile vingt ans de cinéma puisque ton tout premier rôle, dans Pas de C4 pour Daniel Daniel, c'était en 1987. Un anniversaire qui représente
quelque chose?
Je suis comme mon ami Jeff Bodart: je hais les anniversaires. Pas parce que j'ai peur de l'âge. Mais on a des âges en fonction de ce qu'on vit. Je ne fais plus la fête
parce que mon traitement me l'interdit. Mais quand je partais avec Jeff, j'avais 12 ans! Parfois, comme maintenant, j'ai 60 ans. C'est mon état d'esprit. J'ai coutume de dire que je suis le plus
jeune sexagénaire d'Europe...
Tu te balades partout avec un jack russell. C'est ton côté Belmondo?
Oui, mais alors il faudrait que je le porte constamment sur mon bras. Billy aurait
horreur de ça. Je te présente Billy Bob! Mon ami! J'avais besoin d'un camarade. Et franchement, il m'apporte une sérénité. Il a un enthousiasme permanent. Je l'ai appelé Billy Bob à cause d'une
phrase dans une chanson de Benjamin Biolay: "Billy Bob a raison, les gens sont tous des cons". Un chien doit penser comme ça.
Tu as besoin de quoi, maintenant?
De calme. Je suis gêné pas mon propre bruit! Ce calme, je le retrouve dans ma maison en bord de Meuse, avec Billy. J'ai un séquoia qui a 110 ans! Il est fantastique. J'ai aussi besoin de
gentillesse, qui n'est pas une vertu des faibles. Il faut arrêter de penser qu'être gentil c'est être con. J'ai besoin de Belgique! J'ai besoin de beauté. Mon film, "Les Inutiles", montrera que
la Belgique est merveilleuse. On tournera dans les Fagnes, en Gaume. J'en ai marre de la Belgique larmoyante, genre "Rosetta".
Ce sera un film drôle, donc?
Oui! J'ai envie de montrer que les belges sont des gens heureux. J'y tiendrai juste un tout petit rôle. J'ai trouvé l'acteur
principal. Mais là, c'est vraiment de l'ordre personnel: c'est moi, en tant qu'auteur et réalisateur, qui vais m'exprimer. Allier la beauté de la Belgique à sa paresse. Moi je suis ravi de payer
des impôts pour les gens qui on trouvé le moyen de ne rien foutre. Ce n'est pas de la démagogie: j'admire ces gens qui vivent certes modestement, en chômant parfois, mais qui ont le temps de
pouvoir pratiquer l'art de la contemplation. Ce sera ça, mon film: une ode à ceux qui peuvent contempler la Belgique. Je veux aussi montrer le saucisson gaumais! Un délice! Bref, ce sera ma
Belgique perso. D'ailleurs la Belgique, c'est perso. Je refuse que les réalisateurs et acteurs français viennent chez moi. Je ne mélange jamais le cinéma et le "chez moi". Il n'y a qu'un acteur
qui est venu, mais c'est l'ami qui est vneu: José Garcia. Sinon, le monde du cinéma n'entre pas dans ma maison. Dis, j'espère que je ne ferai pas pleurer tes lecteurs...
Interview réalisée par Vincent Peiffer pour